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La création d'une institution qui s'occuperait de la poésie arabe et qui rendrait hommage aux poètes arabes était l'un de mes rêves les plus chers et les plus obsédants depuis que j'ai réalisé la grande valeur que revêt la poésie en vue de bâtir le passé, le présent et l'avenir d'une nation. Dieu tout puissant a voulu que mon rêve préféré devienne une réalité lorsque j'ai réussi en 1989 à créer l'Institution du Prix Abd al-Aziz Saoud al-Babtain de créativité poétique au Caire, la grande capitale culturelle arabe.
La fondation de l'Institution n'était ni un luxe culturel ni une exhibition des moyens matériels ni une simple insistance sur la réalisation d'un rêve. C'était plutôt une détermination à confirmer le rôle de la poésie dans la vie de la nation, sachant qu'elle est l'un des plus importants genres littéraires arabes, le recueil de poèmes des Arabes et leur registre authentique qui s'est infiltré dans leurs affaires les plus délicates, les a notées et mémorisées, et sachant aussi que le poète est préalablement conscient de la capacité de créativité, de transparence et de perspicacité aigue dont Dieu l'a doté.
Nous les Arabes, notre grande passion pour la poésie n'est pas née du néant mais de l'importance vitale qu'elle représentait, et représente toujours, dans la vie arabe même. En effet, la poésie est pour l'Arabe un contentement de l'esprit, de l'âme et même du corps. Il étanche sa soif en absorbant ce qui fait plaisir à l'esprit, exalte l'âme et ravit l'oreille, et par là émeut la sensibilité et charme l'ouïe.
Je me suis souvent interrogé sur beaucoup de vérités indubitables: si la Grande-Bretagne se glorifie de son illustre poète Shakespeare, la France de Baudelaire et de Hugo, la Russie de Pouchkine, l'Espagne de Lorca.. si le Pakistan considère Mohammad Ikbal comme l'un de ses plus grands fondateurs et des précurseurs de sa constitution à travers sa poésieÉsi l'Iran se vante devant le monde d'Omar Khayyam, de Hafiz et de Saadi al-ChiraziÉla nation arabe n'a-t-elle pas alors le droit de s'enorgueillir d'une procession inestimable de ses grands poètes depuis Imro al-Qaïs, Zouheir, al-Nâbigha, Labîd en passant par al-Moutanabbi, al-Bohtori, al-Maarri jusqu'à Ahmad Chaouqi, al-Akhtal, al-Châbbi, al-Sayyâb, une procession qui ne s'est pas interrompue depuis plus de quinze siècles, sachant que les Arabes comptent incontestablement le plus grand nombre de poètes ?
L' Arabe contemporain n'a-t-il pas le droit de se dépouiller un peu de ses tristesses et de ses défaites pour se glorifier avec Antara et Amr bin Kolthoum? Pourquoi la créativité d'al-Moutanabbi, porté aux nues par les gens, la philosophie d'al-Maarri, la poésie des poètes de l'amour platonique et d'Ibn Abi Rabiaa et les chefs-d'oeuvres poétiques (les mu'allaqât') des poètes préislamiques, se limiteraient-elles seulement au monde des académiciens, des chercheurs et de quelques passionnés et amateurs?
Pourquoi ne permettrions-nous pas à l'oreille arabe d'apprécier ce bel art oratoire rimé aux vers réguliers et imbu de musique comme elle apprécie cette poésie lorsqu'elle est interprétée par les grands chanteurs?
Nous devons nous appliquer et agir, tous ensemble, car le projet est assez vaste pour englober les efforts de tout le monde et il en a besoin. La preuve est l'accroissement actuel du nombre d'institutions créées pour soutenir la poésie et la littérature dans la plupart des pays arabes. Cela s'ajoute aux projets avant-gardistes réalisés par ces institutions et relatifs à la documentation de la poésie, à sa critique et à sa diffusion phonique et par enregistrement, contrairement à sa publication dans son premier réceptacle: le livre.
Ce sont ces interrogations et ces propos - en plus de mon souhait dès le début - qui m'ont conforté dans la nécessité de créer l'Institution sans aucun retard. Maintenant que l'Institution a passé le cap de ses dix ans d'existence, je ressens un bonheur incommensurable dû au succès qu'elle a rencontré avec la collaboration de nos amis - les amis du verbe poétique au niveau du monde arabe. C'est un succès dont je remercie Dieu et félicite tous ceux qui y ont contribué de quelque façon que ce soit.
En conclusion, je souhaite aux amis poètes, critiques et chercheurs de la poésie et à tous ceux qui travaillent dans ce domaine tout le succès possible. Il est de mon devoir de louer l'ambition dont ont fait preuve les gens qui travaillent dans les institutions parallèles en général, et dans celle-ci en particulier, ainsi que les efforts persévérants qu'ils ont déployés en vue de promouvoir ce merveilleux et important patrimoine arabe.
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Ce site exauce le souhait d'un grand nombre d'amis de l'Institution qui suivent de près ses activités. Désormais, il est indispensable que l'Institution ait un livre qui la présente, introduise les plus importants aspects de ses activités et réponde aux besoins des gens qui travaillent dans les médias et de ceux qui suivent les nouvelles de l'Institution… D'où cette publication que je souhaite être utile….
Abd al-Aziz Saoud al-Babtain
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